Que sont les tumeurs bénignes de la main ?
Une tumeur est, au sens médical, toute croissance anormale d’un tissu, et n’équivaut pas à un cancer. Dans la main et le poignet, l’immense majorité des masses sont bénignes : elles n’envahissent pas d’autres tissus et ne s’étendent pas à distance. Elles peuvent naître de la peau, de la graisse, des gaines des tendons, des nerfs, des vaisseaux, de la capsule des articulations ou de l’os.
Néanmoins, toute masse mérite un diagnostic. Les tumeurs malignes de la main sont peu fréquentes, mais elles existent, et certaines tumeurs bénignes croissent, font mal, compriment un nerf ou fragilisent un os. Cette page résume les plus habituelles ; le kyste synovial, le plus commun de tous, a sa propre page.
Symptômes
- Une masse visible ou palpable, qui peut être molle ou dure, mobile ou fixe, et qui parfois ne se remarque qu’en fermant le poing.
- Douleur, bien que beaucoup de tumeurs bénignes ne fassent pas mal. Une douleur intense et localisée sous l’ongle oriente vers une tumeur glomique.
- Fourmillement ou faiblesse si la tumeur comprime un nerf.
- Limitation pour plier un doigt lorsque la masse est à côté d’un tendon.
- Fracture avec un traumatisme minime, qui est parfois la première manifestation d’une tumeur osseuse ayant fragilisé la phalange.
Causes et facteurs de risque
Pour la majorité des tumeurs bénignes, aucune cause n’est connue. Le kyste synovial est lié à l’usure ou à la surcharge d’une articulation ou d’une gaine tendineuse. Le kyste épidermoïde apparaît après une plaie piquante qui introduit des cellules de la peau en profondeur. Les tumeurs osseuses bénignes comme l’enchondrome proviennent de restes de cartilage de croissance. L’usage de la main et le travail ne produisent pas de tumeurs.
Diagnostic
L’examen clinique apporte beaucoup d’informations : localisation, consistance, mobilité, relation avec les tendons et les articulations, changements avec le mouvement et signes de compression nerveuse. L’échographie distingue un kyste d’une tumeur solide et montre sa relation avec les tendons et les vaisseaux. La radiographie est le premier examen pour les tumeurs osseuses, et l’IRM définit l’extension et la nature des tumeurs des parties molles ou des lésions osseuses douteuses.
En cas de doute, ou chaque fois qu’une lésion est retirée, le diagnostic définitif est donné par l’analyse anatomopathologique du tissu.
Types les plus fréquents
- Kyste synovial ou ganglion : poche remplie de liquide articulaire, habituellement sur le dos ou la face palmaire du poignet ou à la base d’un doigt. C’est la masse la plus commune de la main. Elle est expliquée en détail sur la page du kyste synovial.
- Tumeur à cellules géantes de la gaine tendineuse : nodule ferme, de croissance lente et indolore, sur la face palmaire des doigts, à côté d’un tendon fléchisseur. C’est la tumeur solide la plus fréquente de la main. Elle est bénigne, mais tend à s’étendre autour du tendon et peut réapparaître s’il reste un reste après l’ablation.
- Lipome : accumulation de graisse, molle et mobile, dans la paume, l’avant-bras ou le dos. Il croît lentement et n’est opéré que s’il gêne, croît ou comprime un nerf.
- Tumeur glomique : nodule minuscule, souvent invisible, situé sous l’ongle ou sur la pulpe. Elle produit la triade classique de douleur intense au moindre contact, sensibilité au froid et douleur très localisée en un point. On peut voir une tache bleutée sous l’ongle ou une déformation de la lame unguéale. L’IRM aide à la localiser. Son ablation complète fait disparaître la douleur.
- Enchondrome : tumeur osseuse bénigne formée de cartilage, la plus fréquente des os de la main. Elle se découvre souvent par hasard sur une radiographie ou lors d’une fracture de la phalange avec un petit choc. Elle se traite par curetage et, si nécessaire, par un remplissage avec une greffe osseuse.
- Kyste épidermoïde d’inclusion : masse ferme de la pulpe ou de la paume qui apparaît des mois après une piqûre ou une coupure, due à des cellules de la peau restées en profondeur qui continuent de produire de la kératine. Elle est retirée avec sa capsule.
D’autres tumeurs bénignes moins habituelles sont celles d’origine nerveuse, comme le schwannome, et les vasculaires.
Traitement
Toutes les masses ne nécessitent pas une chirurgie. Un kyste synovial ou un petit lipome sans symptômes peut être surveillé. Pour les kystes, un drainage à l’aiguille est possible, bien que la récidive soit fréquente. Un enchondrome sans fracture et sans signes d’agressivité peut être suivi par des radiographies périodiques.
Quand la chirurgie est-elle nécessaire ?
L’ablation de la tumeur est recommandée lorsqu’elle :
- produit une douleur ou limite le mouvement ;
- croît ou change d’aspect ;
- comprime un nerf ou un tendon ;
- a fragilisé un os ou a provoqué une fracture ;
- pose un doute diagnostique nécessitant l’analyse du tissu ;
- gêne la personne qui souhaite la résoudre, après avoir pris connaissance des risques et de la possibilité de récidive.
Chirurgie des tumeurs bénignes de la main
L’intervention consiste en l’ablation complète de la lésion avec sa capsule, en respectant les tendons, les nerfs et les vaisseaux voisins. Elle se réalise habituellement en ambulatoire, sous anesthésie locale ou régionale et avec une ischémie du membre pour bien voir les structures. Pour les petites tumeurs ou celles proches des nerfs et des vaisseaux, comme la tumeur glomique sous l’ongle ou la tumeur à cellules géantes entourant un tendon fléchisseur, on utilise des loupes ou un microscope et des techniques de microchirurgie. Pour les tumeurs osseuses, la lésion est vidée et la cavité est remplie avec une greffe si l’os est resté fragile. Chaque fois que possible, on utilise des abords de chirurgie mini-invasive avec de petites incisions orientées selon les plis de la peau.
Tout le tissu retiré est envoyé en anatomopathologie pour confirmer le diagnostic.
Récupération
Dans la majorité des cas, les doigts bougent dès le premier jour et les points sont retirés à deux semaines. La cicatrice peut être sensible pendant quelques semaines. Après l’ablation d’une tumeur sous-unguéale, l’ongle peut prendre plusieurs mois à repousser normalement. Après le curetage d’un enchondrome, le doigt est protégé quelques semaines jusqu’à la consolidation de l’os. Le suivi ultérieur dépend du type de tumeur : celles qui peuvent récidiver, comme le kyste synovial et la tumeur à cellules géantes, sont revues périodiquement.
Spécialiste des tumeurs bénignes de la main à Barcelone
Le Dr Marta Martí Puente est spécialiste en Chirurgie Orthopédique et Traumatologie, avec une dédicace à la chirurgie de la main et à la microchirurgie. En consultation à Barcelone, elle étudie toute masse de la main ou du poignet de façon individuelle, avec les examens nécessaires pour arriver à un diagnostic, et réalise l’ablation lorsqu’elle est indiquée, avec confirmation de l’analyse du tissu et suivi ultérieur.
Questions fréquentes
Une masse m'est apparue sur la main, dois-je m'inquiéter ?
Faut-il opérer toutes les tumeurs bénignes de la main ?
Analyse-t-on ce qui est retiré ?
Peut-elle revenir après l'opération ?
Qu'est-ce qu'une tumeur glomique et pourquoi fait-elle si mal ?
Sources et références
Les informations de cette page sont générales et éducatives. Elles ne remplacent pas une évaluation médicale individuelle.
